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Crystals
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Date d'inscription : 09/04/2017
Localisation : Marseille

Le rêve perdu de Swaayn

le Mer 23 Aoû - 12:30
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Il était une fois une forêt appelée la forêt de l’oubli, elle était majestueuse et immense.
Les gens en avaient peur car, selon les rumeurs et les légendes, quiconque y pénétrait n’en ressortait jamais…
On disait aussi qu’au cœur de cette forêt se trouvait un village qui ne ressemblait à aucun autre, qu’il était petit mais immense,
que personne ne pouvait le décrire tellement qu'il était irréaliste. Mais surtout, on disait que le mal ne pouvait l’atteindre,
que quiconque y habitait pouvait vivre sans avoir peur des ravages de la guerre, de la famine, du froid glacial
pendant les hivers rudes et impitoyables et autres folies.


Un jour, pendant qu'il regardait la forêt de l’oubli au loin, il se mit à rêver du village, de l’endroit paisible que cela pourrait être.
L’endroit parfait, où il pourrait vivre avec sa femme et sa fille, loin de la guerre et de ses conflits. Si c’était tel que les légendes le disaient,
alors c’était l’endroit rêvé pour lui et sa famille. C’est à ce moment là, le regard perdu entre les arbres, que Swaayn su qu’il devait y aller,
qu’il allait pénétrer dans cette forêt et trouver le village ou il vivrait.
Il rentra chez lui, mis une bûche dans la cheminée et s’assit à côté de sa femme tout en lui disant :

- C’est décidé, demain je pars à l’aube. J'irai dans la forêt trouver le village où l’on pourra enfin vivre sans craintes,
sans avoir peur de mourir au milieu de cette guerre insensé.

Sa femme répondit :

- C’est de la folie ! Tu sais très bien qu'aucune personne n'en est jamais revenu  ! Je ne veux pas te perdre, je ne veux plus perdre personne…

- Anna, je sais que c’est risqué ! Mais je sais aussi que si nous restons ici, la guerre et et ses atrocités vont avoir raison de nous.
Il faut que j’y aille, si il y a une chance, même infime que ce village existe, alors je dois y aller.



Swaayn partit à l’aube, il avait le coeur lourd, il se remémorait sans cesse les pleurs de sa femme la nuit dernière.
Il marcha d’un bon pas pendant deux bonnes heures avant d’arriver à l’orée de la forêt.
Ce n’était pas la première fois qu’il la voyait de si près, et ce n’était pas non plus la première fois qu’il sentit l’angoisse
et la peur l'envahir face à l’immensité et l’inconnu…

Il pénétra dans la forêt à pas feutrés comme si au moindre bruit elle allait l’engloutir.
Un silence inquiétant y régnait, il n’y avait aucun bruit, aucun crissement de vent dans les feuilles, aucun cris d’animaux,
aucun chant d’oiseaux...
La gorge nouée il avança sans s’arrêter, sans se retourner. Plus les arbres défilaient devant ses yeux plus il se détendait,
il voulait mettre en sécurité sa famille et il allait y arriver, qu’importe les épreuves.


Il marcha pendant deux jours sans rien apercevoir, puis il calcula combien de vivres il lui restait.
Il en avait encore pour trois jours s'il se rationnait, et c’est ce qu’il fit. À l’aube du sixième jour il se mit à craquer,
seul et perdu dans l'immensité de l'inconnu, il n’avait plus de de quoi boire ni de quoi manger,
il ne savait pas où aller, la forêt s’étendait à perte de vue et il n’y avait aucune présence.

En se remémorant son chemin parcouru, il remarqua qu'il n’avait jamais croisé d’animaux, il en vient à penser que cette forêt ne cachait le moindre animal.
Et c’est dans ce vide et ce silence que ces sanglots se perdirent. Mais Swaayn n’abandonna pas, il ne pouvait pas abandonner !
Sa femme et sa fille l’attendaient à la maison, il devait les rejoindre. Même si il n’avait pas trouvé le village, il se devait de retourner au près de sa famille.

C’est avec cette volonté et cette détermination qu’il se remit en route, il marcha encore trois jours et trois nuit.
La faim et la soif étaient insoutenables, mais être loin de sa famille l’était encore plus.


Il arriva tant bien que mal à sortir de la forêt, avec le peu de force qu'il lui restait il se dirigea chez lui, il avait réussi, il allait revoir sa famille.
Mais plus il avançait plus il trouvait que quelque chose n’allait pas, ce n’était pas comme avant.
Des maisons étaient en ruines, d’autres qui avant n’étaient pas là ont apparues, des arbres avaient poussé là ou il n’y en avait pas,
ce n’était vraiment pas normal. Il avait l’impression d’être à une autre époque. Swaayn continua vers sa maison,
quand il arriva devant il ouvrit la porte en ayant le cœur léger.


Mais ce n’était pas sa femme qu’il aperçut derrière la porte, c’était un vieil homme petit et frêle qui lui dit :

- M… Mais… Que faites vous chez moi ?

- Vous que faites vous chez moi ! Où est Anna !

- Anna ? L’ancienne propriétaire ? Mais elle est morte il y a des années…

Swaayn tomba à genoux et dit d’une voix éteinte :

- C’est pas possible… Vous… Vous mentez ! Et se trouve la petite fille qui vivait avec elle ?


Le vieil homme se frotta nerveusement les mains en disant :

- Je ne mens pas mon garçon, Anna n’est plus là depuis plus de vingts ans, vous pouvez aller au cimetière voir sa tombe.
Quant à la petite fille, j’ai entendu dire que le jour où est parti son père, il y a plus de cinquante ans, elle était tombée dans un ravin et mourra…

- Cinquante ans ?! Mais nous somme en quelle année là ?!

- Nous somme en 871 avant Deimos mon garçon... Vous êtes sûr que tout va bien ?

Le regard dans le vide Swaayn murmura :

- Ce n’est pas possible… Je suis parti il y a seulement huit jours, et nous étions en 823 avant Deimos !

Il se releva et parti vers le cimetière en courant, sans même écouter ce qu'avait à lui dire le vieil homme. I
l courut entre les tombes sans s’arrêter, puis il la vit soudainement : La tombe d’Anna…
Sa fille était morte, sa femme demeurait dans les cieux, il n’avait plus de maison, il ne lui restait rien.
Fou de rage et prit de chagrin il retourna dans la forêt dans le but d'y laisser sa vie. Il passa la nuit, dans le froid.



Le lendemain matin, il décida quand même d’aller poser des questions au vieil homme, mais sur le trajet encore des choses avaient changées,
et le vieil homme n’était plus là.

Un voisin lui dit :

- Il nous a quitté il y a maintenant sept ans de cela...

A cet instant là qu’il comprit que le temps s’écoulait différemment dans la forêt de l’oubli, ce n’était pas les gens qui n'en revinrent jamais  !
Ils en revinrent mais des années plus tard… Des années trop tard…
Swaayn se laissa mourir devant la tombe de sa femme, le cœur chargé de chagrin et de regrets.




De nos jours quand on parle de la forêt de l’oubli, on évoque un fantôme qui erre dans les bois,
à la recherche de quelqu’un avec qui partager son rêve perdu.
On dit aussi que quiconque veut bien l’écouter, est transporté dans les milles facettes de son rêve.
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